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Evola As He Is Le "Travailleur" et les falaises de marbre
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"Cela faisait déjà longtemps que je m'étais proposé
de faire connaître ce livre en Italie en le traduisant. Mais, en le relisant, je me suis convaincu que ce n'était pas par
une traduction que j'aurais atteint le but que je m'étais fixé. En effet, les parties valables qui s'y trouvent sont mêlées
à d'autres, qui, pour un lecteur sans discrimination, peuvent leur nuire, parce qu'elles subissent l'influence de situations
propres à l'Allemagne d'hier et ne tiennent pas compte d'expériences dont tout le caractère problématique est apparu entre-temps.
En outre, il y avait certaines difficultés éditoriales [Evola semble faire allusion au fait qu'il n'a pas reçu de réponse
à la lettre qu'il avait envoyée en 1953 à l'écrivain allemand pour lui demander l'autorisation de traduire "Der Arbeiter"
en italien et, plus précisément, à qui il devait s'adresser pour obtenir les droits de traduction]. J'ai donc laissé tomber
l'idée d'une traduction au profit de celle d'une vaste synthèse fondée dans une large mesure sur des extraits du livre, dont
j'ai laissé de côté les parties accessoires ou fausses, pour faire ressortir l'essentiel et l'immuable, en réduisant au minimum
la présentation critique et explicative". Il s'agit en fait d'une critique très serrée
de "Der Arbeiter". Dans l'introduction, Evola affirme que, après ce roman, l'oeuvre de Jünger "a quelque peu baissé de niveau,
soit parce que le moment littéraire et esthétique y prévaut, soit parce qu'elle subit l'influence d'idées d'un ordre différent,
parfois même opposées à celles qui ont inspiré ses premières publications, comme si la charge spirituelle que la guerre avait
créée en lui et qu'il avait ensuite appliquée sur le plan intellectuel s'était peu à peu épuisée". Au reste, dans "Chevaucher
le tigre", Evola résume cette critique avec laconisme: "(Jünger) devait passer de façon régressive à un tout autre ordre d'idées".
En 1956, dans son compte-rendu de "Le Noeud gordien", il avait déjà mis en garde le lecteur contre les "idées confuses, les
présentations unilatérales et discutables" qui seraient celles de l'écrivain allemand depuis la fin de la seconde guerre mondiale,
confirmant ainsi ce qu'il lui avait dit avec franchise dans la lettre qu'il lui avait envoyée en 1952: "Je m'intéresse surtout
aux oeuvres de la première période, disons jusqu'à "Sur les falaises de marbre"". "Le Travailleur" et les falaises de marbre (1) Il y a déjà quelque temps qu'est paru un livre
d'Ernst Jünger, un écrivain qui devait s'affirmer de plus en plus comme l'un des plus significatifs de l'Allemagne contemporaine.
Il s'intitule "Der Arbeiter", "Le Travailleur" ou, si l'on préfère, "L'Ouvrier": il cherche à découvrir le visage des forces
qui essaient de créer un monde nouveau par des moyens révolutionnaires. A une époque comme la nôtre, où bien des choses revêtent
une fois de plus un caractère problématique, il n'est pas inintéressant de reprendre les remarques de Jünger et de les mettre
en parallèle avec les idées qu'il a exprimées sous une forme romancée dans une autre de ses oeuvres, beaucoup plus récente:
"Sur les falaises de marbre". "Der Arbeiter" consiste en l'examen des formes
dans lesquelles s'opère, selon une nécessité fatale et irrésistible, le dépassement de l'ère bourgeoise et individualiste
par une nouvelle irruption, dans le monde moderne, de ce qu'il appelle l'"élémentaire", c'est-à-dire les forces les plus profondes
de la vie et de la réalité en général. Le souci constant du monde bourgeois était de créer une enceinte de sécurité hermétique
pour se protéger de ces forces. La sécurité dans la vie était son mythe, que la religion de la "raison" devait légitimer et
consolider: la raison, pour laquelle l'élémentaire s'identifie à l'absurde et à l'irrationnel. Aimer et vouloir son destin,
la lutte, le danger, tout cela apparaissait au bourgeois comme dénué de sens, comme une aberration qu'il convenait d'éliminer par une pédagogie adéquate.
Mais des forces plus profondes ont repris le dessus. L'élémentaire, qui, tel le feu d'un volcan, couve toujours sous les constructions
contingentes de ceux qui aspirent à une vie facile et tranquille, s'est réaffirmé dans le monde moderne, où apparaissent un
nouveau type humain, une nouvelle génération et une nouvelle civilisation, qui n'ont aucun rapport avec les précédents (p.79
- pp.81-82). Ce qui caractérise cette nouvelle génération, c'est qu'elle connaît l'"élémentaire" et qu'elle est en rapport avec des
forces élémentaires dont le bourgeois et la civilisation du tiers état n'ont même pas soupçonné l'existence (p.46). Elle constitue
une sorte de protestation qui se traduit directement par la recherche du danger. Son mot d'ordre est "réalisme héroïque".
Son style, c'est la totalité, la "mobilisation totale" de la vie, sur tous les plans. L'"élémentaire" fait partie intégrante
de son nouveau monde. Par ses nombreuses destructions, il provoque une sorte de catharsis, de purification. Il impose à l'homme
un engagement absolu. Il révèle graduellement, au-delà tout ce qui est "individu" et "masse", ce que Jünger appelle la "personne
absolue" (p.177). Dès lors qu'il est clair que l'"esprit" s'est rendu coupable de haute trahison envers la vie, il est désormais
clair qu'elle a trouvé sa sanction dans une autre trahison de l'esprit, une trahison de l'esprit envers lui-même, par un processus
d'autodestruction (p.69). La mobilisation totale, pour Jünger, consiste à dépasser des oppositions telles que l'idée et la
matière, le sang et l'esprit, la force et le droit, l'individu et la collectivité, qui sont toutes des concepts liés à telle
ou telle perspective partielle du siècle précédent (p.74). Elle consiste aussi à avoir redécouvert que la vie et la religion
ne font qu'un (p.204) et qu'il est des choses beaucoup plus proches et plus importantes que le début et la fin, la vie et
la mort (p.117). Il s'agit donc d'une "substance héroïque", qui
est passée par l'école de l'anarchie, par la destruction des liens anciens, et qui peut donc réaliser son exigence de liberté
dans un nouveau temps, dans un nouvel espace et grâce à une nouvelle aristocratie (p.103). Pour ce qui est de la liberté, ce nouveau type
humain sent - par opposition aux conceptions prédominantes dans la civilisation du tiers état - que domination et service
sont une seule et même chose. L'obéissance est l'art d'écouter; l'ordre est la propension à l'action, au commandement, qui,
comme un éclair fulgurant, part du sommet pour toucher jusqu'aux racines. C'est pourquoi il rapporte l'ordre et la liberté,
non pas à la "société", mais à l'Etat. Pour ce qui est de l'organisation, il a pour modèle, non pas le "contrat social", mais
le style militaire. Et il atteint le point extrême de sa force lorsqu'il n'existe plus aucun doute sur le commandement et
l'obéissance, sur le Führertum et la Gefolgschaft
(p. 42). Le nouveau type humain n'appartient plus à une association ou à un parti, mais à un "mouvement" ou à un "groupe de
partisans"; ce n'est plus l'homme des "réunions", mais des "défilés" (p.137). Mourir, pour lui, est devenu quelque chose de
plus facile, de moins important et de moins tragique (p.188). Dans ce nouvel univers, la totalité s'exprime aussi dans le
fait que l'individu, qu'il le veuille ou non, a une responsabilité dans le tout, dont il fait partie (p.191). Pour caractériser ce nouveau type, Jünger utilise
le mot d'"Arbeiter", c'est-à-dire de "travailleur" ou d'"ouvrier". Bien qu'il indique que ce mot doit être compris comme un
concept "organique" et que, au cours de son exposé, il prenne une signification différente (p. 43), il n'en convient pas moins
de se demander s'il ne repose pas sur une méprise fondamentale. L'auteur souligne qu'il ne s'agit pas de l'avènement d'une
couche sociale donnée mais d'une nouvelle "figure", qui insuffle un nouveau sens à tous les aspects particuliers de l'existence,
comme, à une autre époque, toutes les formes de la vie étaient imprégnées, par exemple, d'esprit chevaleresque (p.100). Et
il ajoute que, par "travail", il entend "le rythme du poing, des pensées, du coeur, la vie de jour et de nuit, la science,
l'amour, l'art, la foi, le culte, la guerre: travail est la vibration de l'atome et la force qui meut les étoiles et les systèmes
solaires" (p.101). Il s'agit donc - comme pourrait dire Burzio (2) - de "démiurgisme",
d'une figure caractérisée par une relation directe, active, totale avec les forces de la réalité, avec l'"élémentaire" en
soi et hors de soi. Ceci ne veut pas dire pour autant que la méprise soit dissipée: au contraire, elle est confirmée par de
nombreuses références au monde moderne de la technique, comme nous allons le voir tout de suite. Et Jünger dit clairement
qu'il n'y a désormais que deux manières d'apprécier les villes: on les pense soit en tant que "musées", soit en tant qu'"usines"
(p.216). Même s'il n'identifie pas le type général du
"travailleur" à l'ouvrier d'industrie, Jünger reconnaît que l'apparition de celui-ci a contribué à révéler l'impossibilité
de conserver les formes anciennes (p.112). C'est dans le monde de la technique qu'il voit plus précisément prendre forme le
nouveau type et le nouveau monde. Le monde de la technique, pour lui, doit être compris comme le symbole d'une figure particulière,
celle du "travailleur": "la technique est l'art et la manière dont le travailleur mobilise le monde". Le "travail" devient
ainsi un symbole total, il est le corps dans lequel se manifeste actuellement l'élémentaire et la puissance à laquelle devra
se mesurer un nouveau type humain, une nouvelle race. Jünger voit bien les destructions qu'opère l'élément
mécanique et technique. Mais, pour lui, ceci ne constitue que l'aspect contingent d'un phénomène beaucoup plus étendu et,
en fin de compte, positif. L'homme - dit-il - ne doit pas chercher à excuser sa propre incapacité par le manque d'âme des
moyens dont il se sert. Ces moyens révèleront leur sens caché lorsqu'ils seront pleinement maîtrisés et qu'ils deviendront
le symbole d'une puissance supérieure (pp.247-248). C'est alors qu'apparaîtra la légitimité de la révolution qu'ils auront
provoquée. C'est alors que la technique et toutes ses conquêtes apparaîtront comme un armement en vue de révoltes et de luttes
encore imprévisibles, qu'il s'agira de chérir autant que l'ancien chevalier chérissait son épée (p.77). La phase de destruction
laissera place à un ordre réel et visible avec l'avènement d'une nouvelle race, qui saura parler la nouvelle langue de la
technique, non pas au sens du simple intellect, du progrès, de l'utilité et de la commodité, mais comme langue élémentaire,
profondément réelle: et c'est alors que le visage du "travailleur" dévoilera ses traits héroïques (p.212). La preuve de la
légitimité du "travailleur" consistera justement dans la maîtrise des forces qui sont devenues toutes-puissantes et dans le
contrôle du mouvement absolu (p.114). Il faut devenir capable de pressentir les formes spirituelles et la "métaphysique" qui
animent les masques métalliques et humains de notre époque (p.169) . Du reste, Jünger parle aussi de "masques humains"
dans un sens spécifique. Une caractéristique fondamentale du nouveau monde, du monde du "travailleur", résiderait en effet
dans le remplacement de l'individu par le type;
alors que la hiérarchie du XIXème siècle était fondée sur l'individualité, le critère de référence du nouveau siècle est la
correspondance plus ou moins grande à un type, qui s'affirme partout par une révolution silencieuse. C'est à ce type qu'appartient
l'impersonnalité. Il n'est pas irremplaçable: chaque tué peut être immédiatement remplacé par un autre "travailleur", dans
l'esprit d'une même tradition ou d'une même fonction (pp.190-196). De même que l'individu disparaît, ainsi la masse comme
pure quantité disparaît - on va au contraire vers de nouvelles formations organiques, et même qualitatives. Il faut bien constater
qu'il y a un appauvrissement, un certain vide, une certaine uniformité, que les visages prennent l'aspect de masques, que
la "couleur" et la "variété" disparaissent, même dans les vêtements, dans les gestes, les rites, et que le "chiffre" et la
géométrie prennent une place croissante dans la vie: mais tout ceci exprime une essentialisation, un réalisme croissant (p.159-169).
Le critère de référence est désormais l'action objective sans beaux discours, la révolution sans phrase. Et, même en tant que révolution véritable, sociale, il ne s'agit plus désormais de masses qui se
déversent confusément dans les rues, mais d'un groupe d'hommes résolus qui s'emparent des centres vitaux d'une ville selon
une technique précise (p.154). Les hommes sont de nouveau typiques et importants là où, en l'absence de complications intellectuelles
ou sentimentales, ils se l'imaginaient le moins: dans la vie réelle, dans les rues et sur les places, dans les maisons et
les cours, dans les avions et les métros, là où ils sont au travail. C'est là qu'on commence à entrevoir un homme qui se déplace en respectant des ordres silencieux et invisibles (p.177). Qu'il s'agisse ou non d'une "nouvelle barbarie
- écrit Jünger (p.90-91) -, l'essentiel, aujourd'hui, est de voir qu'un afflux neuf et encore indompté de forces élémentaires
s'est emparé de notre monde. Sous la sécurité trompeuse d'un ordre périmé, elles sont trop proches et trop destructrices pour
être comprises dans leur signification ultime. Elles prennent la forme de l'anarchie, "dont (...) les foyers ardents luisent
sans cesse sous la surface avec une force volcanique". Celui qui s'imagine encore que ce phénomène pourrait être maîtrisé
par un ordre à l'ancienne appartient à la race des vaincus, condamnée à l'anéantissement. Il en résulte la nécessité d'un
nouvel ordre, d'un ordre fondé, non pas sur l'exclusion du danger, mais sur une nouvelle union de la vie et du danger. Pour
l'individu, le nouveau monde du "travailleur" signifiera, non pas une diminution, mais une augmentation du travail: mais il
disposera de forces nouvelles pour maîtriser ces nouveaux fardeaux (p.91). Il ne faut pas non plus se laisser égarer par le
nivellement auquel sont soumis actuellement les hommes et les choses. Ce nivellement ne signifie rien d'autre que la réalisation
du niveau inférieur, base du monde du "travail". De là vient que le processus apparaisse souvent aujourd'hui comme passif,
comme souffrant. Mais plus la destruction et la transformation progressent, plus l'on pourra reconnaître la possibilité d'une
reconstruction organique (p.197). Jünger, en réalité, parle, non seulement de "soldats
inconnus" (3) comme symboles, mais aussi de "chefs inconnus" (p.140). Le monde qu'il appelle celui du "travail" est le théâtre
de nouvelles preuves, de nouvelles sélections: des preuves d'une extrême froideur, objective et pour ainsi dire métallique,
qui permettent à la conscience héroïque de traiter le corps comme un instrument et de lui imposer, par-delà les limites de
l'instinct de conservation, toute une série de performances complexes. Tout ce qui s'accomplit anonymement dans ce sens, dans
des actions dont personne ne saura jamais rien, dans un avion en flammes ou dans sous-marin coulé, présente les mêmes caractères
que d'autres preuves qui, à des degrés divers, se rencontrent dans tout le monde du "travail" et de la nouvelle "élémentarité"
comme pure et silencieuse sélection des "essences" (p.148). C'est ainsi que Jünger voit la nouvelle aristocratie. Pour lui,
le problème de la puissance est lié à une unité de vie stable et déterminée, un être indubitable; la puissance est l'expression
d'un tel "être"; sans lui, les insignes et les symboles sont, dans le nouveau monde, dépourvus de signification. Pouvoir,
c'est être: on le voit chez celui qui a une stature parfaitement adéquate aux moyens et aux armes dont il se sert (p.107).
Le secret du commandement authentique, c'est de ne pas faire de promesses mais de poser des exigences. Se sacrifier, pour
l'homme, est un bonheur: et l'art suprême du commandement consiste à lui désigner des buts dignes de ce sacrifice (p.108).
L'élite à laquelle a songé Jünger est un condensé essentiel et actif du style du "travailleur", une sorte de garde, une nouvelle
colonne vertébrale de l'organisation combattante, une élite qu'on peut aussi qualifier d'Ordre (p.151): et, en effet, l'impersonnalité,
la primauté de la fin sur la personne et le principe de sélection étaient des éléments interdépendants constitutifs des anciens
Ordres. La "totalité" du monde du "travail", pour Jünger, rend la distinction entre la "ville" et la "campagne" tout à fait relative, tend, là aussi, à une unification des types. Non moins relatives sont, à son avis,
la mobilisation en temps de guerre et la mobilisation en temps de paix et, par là, la distinction entre le combattant et le
non-combattant (c'est justement à Jünger, notons-le au passage, que sont dues les premières conceptions sur la "guerre totale"
(4)). Le monde du "travail" engage tout l'être, toute la vie. Et il aime, il veut cet engagement total, jusqu'au bout, jusqu'à
la destruction. C'est ainsi qu'il est question d'une foi sans
dogmes et d'un monde sans dieux; d'un savoir qui n'a pas besoin de principes; d'une patrie qu'aucune puissance au monde ne
saurait occuper (p.131). Considérant le mouvement monotone des nouvelles forces, l'ordonnance sévère des sacrifices, semblable
au contour géométrique des pyramides, ainsi que les victimes, plus nombreuses que celles que n'en exigea jamais l'Inquisition
ou le Moloch, et dont chaque pas accroît le nombre avec une sûreté meurtrière; considérant tout cela, Jünger se demandait
comment il se fait qu'on ne sente pas que, derrière le voile des causes et des effets, ce sont le destin et la vénération
qui sont à l'oeuvre (p. 78). Il ne s'agit pas de s'opposer à la nouvelle réalité, mais de la dompter, de la pousser plus avant. Il s'agit pour ainsi dire d'être en
pleine trajectoire. Fils, petits-fils ou arrière-petits-fils d'hommes auxquels même le doute est devenu suspect, nous traversons
dans notre marche des paysages où la vie est menacée par des températures extrêmes. Plus les individus et les masses sont
lassés, plus s'accroît la responsabilité qui n'échoît qu'à quelques-uns. Il n'y a pas d'issue, pas de chemin de traverse ni
de retour en arrière. Il faut plutôt intensifier la force et la vitesse des processus où nous sommes pris. Il est bon, alors,
de sentir qu'un centre invisible se cache derrière l'excès de dynamisme de notre époque (p.249). Pour ce qui est de l'organisation du monde du travail
sur le plan le plus immédiat, où ce mot reprend son sens normal, Jünger a été
un des premiers à parler d'"un espace impérial" - imperialer Raum - comme du lieu
propre à un "plan" essentiellement fondé sur le principe politique, sur l'Etat. Dans une autre partie du livre, il avait parlé
des trois phases principales du développement du nouveau monde du "travailleur": la première serait la guerre14-18; la seconde
correspondrait à la "révolution mondiale" (anti-bourgeoise au sens large); quant à la troisième, il la concevait comme le
retour à des formes guerrières (p.202). La première édition du livre en question a été
publiée en 1932. On peut donc dire que Jünger a été bon prophète. Par conséquent, il serait important d'analyser ses idées
à la lumière du bilan de l'histoire de ces dernières années. Mais Jünger a peut-être fait lui-même cette analyse dans son
tout nouveau livre, "Sur les falaises de marbre", dont nous parlerons brièvement après avoir fait quelques remarques critiques
sur les idées exposées jusqu'ici. Jünger était certainement optimiste quant au
monde dont il entrevoyait l'avènement et qu'il avait associé au symbole du "travailleur". Après avoir élargi, comme nous l'avons dit et vu, la signification du "travail" et du "travailleur", il avait explicitement affirmé
que les mouvements ouvriers ne sont pas, comme le prétendent les "bourgeois", des mouvements d'esclaves, mais des mouvements
de maîtres déguisés, Verkappte Herrenbewegungen (p.74). Nous avons
vu qu'il ne veut pas identifier le "travailleur" à une classe sociale donnée, mais qu'il en fait un type général, centre d'une
vision du monde donnée. Sa conception n'en conserve pas moins une certaine ambiguïté. En effet, dans le monde traditionnel,
de même que l'aristocratie spirituelle, l'aristocratie guerrière, puis la bourgeoisie, en tant que castes hiérarchiquement
organisées, correspondaient à différents types et à différentes visions du monde, ainsi le "travailleur" n'était pas une abstraction
classiste au sens moderne, mais une figure bien définie. Par conséquent, le fait que Jünger ait été amené à faire du "travailleur"
le symbole de la civilisation la plus récente, au-delà des ruines du monde bourgeois ou du tiers état, ce fait, loin d'être
accidentel ou arbitraire, ne fait que confirmer une vérité entrevue par divers auteurs, qui est celle-ci: actuellement, ce
qui cherche à prendre le dessus, c'est une forme de civilisation (et sa vision du monde) liée à ce que fut, jusqu'à ces dernières
années, le quatrième état (5), civilisation caractérisée, donc, non par la suppression des autres couches sociales et de tout
domaine d'activité différent de celui du quatrième état (c'est-à-dire du travail), mais par une transformation de toute activité
humaine en "travail". Et ceci signifie que, loin d'être un monde "nouveau" au sens positif, celui qu'avait prévu Jünger est
plutôt un monde crépusculaire, le stade auquel on arrive après la dissolution des civilisations fondées, soit sur le chef
spirituel, soit sur le monarque guerrier, soit sur le tiers état. La dissolution et le nivellement - dit Jünger
- ne sont que des aspects contingents et initiaux. Nous sommes d'accord. Il peut y avoir une hiérarchie et une sélection dans
le monde du quatrième état. Il peut même y avoir une discipline, une ascèse, un héroïsme. Il suffit de considérer le phénomène
bolchevique, maintenant que sont apparents un certain nombre de ses aspects qui étaient auparavant cachés par une propagande
trop naïve, pour en avoir immédiatement la confirmation. D'autres développements
de ce genre sont concevables dans des contextes différents de celui qui est propre au bolchevisme et au communisme. Mais la
substance reste la même. Toute valeur portera l'empreinte de ce qui, dans un édifice hiérarchique normal, correspondait aux
éléments les plus inférieurs, le quatrième état. Le phénomène de l'irruption de l'"élémentaire"
dans le monde moderne est réel, non moins que certaines de ses conséquences, que
Jünger a mis en lumière avec perspicacité. Mais ce qu'il importe de ne pas perdre de vue, ici, ce sont les bons points de
repère. Il ne faut donc pas se méprendre sur ce qui prédomine dans la substance "héroïque", activiste et tragique, qui arrive
à la surface en brisant les éphémères constructions et le mythe de la "sécurité" de l'ère du tiers état. Bien qu'il ne soit
qu'un "philosophe de salon" obsédé par l'importance de sa propre personne, ce que Keyserling a écrit dans "La Révolution mondiale
et les responsabilités de l'esprit" sur le caractère "tellurique" et inférieur de cette révolution, et donc des sacrifices,
des héroïsmes, des disciplines, des ascèses qu'elle comporte, n'en est pas moins parfaitement exact. Ainsi, même si l'on accepte
pleinement l'élargissement du concept de "travailleur" et qu'on élimine, pour le moment, toute référence, directe ou indirecte,
à un avènement du quatrième état, on est toujours en présence - dans cette nouvelle émergence de l'"élémentaire et de ceux
qui l'ont mis au centre de leur vie - de quelque chose d'ambigu et de préoccupant. Et cela n'est jamais apparu aussi clairement
qu'aujourd'hui, car on a le sentiment qu'il y a de grandes forces qui sont organisées "totalement" et non moins "totalement"
mobilisées - au sens où l'entend Jünger -, et qui ont donc désormais dépassé la phase du chaos et de la destruction révolutionnaire,
mais qui n'en sont pas moins laissées à elles-mêmes, emportées par des évènements
tragiques dont on ne voit pas comment on pourrait les contrôler complètement et leur redonner une signification supérieure. Au contraire, comme on l'a vu dans notre exposé,
c'est sur l'espoir de cette signification supérieure, portée par le cours tumultueux et dangereux du destin et par l'élémentaire
latent dans le monde de la technique et de la machine - qu'étaient fondés la conception de Jünger et son pronostic sur la
nouvelle civilisation, au-delà du tiers état. Il est temps maintenant de parler de "Sur les
falaises de marbre". De l'avis général, il s'agit là d'un Schlüsselroman, c'est-à-dire
d'un roman à clé, dans lequel les événements et les personnages eux-mêmes ont une valeur symbolique et se rapportent à des
bouleversements et à des forces qui sont à l'oeuvre à notre époque; ils expriment donc une idée précise sous une forme fantastique. Ce nouveau livre, écrit par Jünger en 1939, est fondé sur l'opposition entre deux mondes. L'un est celui de la "Marina" et des prairies, surplombées par les "falaises de
marbre"; c'est un monde patriarcal et traditionnel, où la vie et la nature ont pour contrepartie une sagesse supérieure et
un symbole ascétique et sacral incarné au plus haut point par la figure du Père Lampros. Au monde blotti contre les "falaises
de marbre" s'oppose celui des marais et des forêts, dominé par une figure effrayante et diabolique que Jünger appelle l'Oberförster (le "Grand Forestier"); c'est là un monde "élémentaire" de violence, de
cruauté, d'ignominie et de mépris de toute valeur humaine. Le ton de l'intrigue fantastico-symbolique décrite de façon magistrale par Jünger est celui d'un "crépuscule des dieux".
Le monde du "Grand Forestier" finit par écraser celui de la Marina et des falaises de marbre. La civilisation et les moeurs
de la Marina sont altérés par des processus de corruption savamment dirigés, l'anarchie s'y infiltre irrésistiblement, faute
d'hommes d'action vraiment capables de s'imposer, de faire front au nihilisme et à la destruction. Au moment du plus grand danger, deux hommes essaient de prendre l'initiative d'une action libératrice. Le premier,
Braquemart, incarne une volonté de puissance et une théorie du surhomme et de la supra-race de type nietzschéen, théorie qui
n'est ici qu'une forme de nihilisme et dont l'abstraite cérébralité et le manque de grandeur spontanée ne peut que faire le
jeu de l'adversaire, que Braquemart essaie de combattre avec ses propres armes. A ce propos, Jünger écrit: "il s'agissait
dans ces conditions d'intervenir efficacement, et c'est pourquoi le besoin se faisait sentir d'ordonnateurs et de nouveaux
théologiens aptes à voir clairement le mal depuis ses apparences extérieures jusqu'à ses racines les plus déliées; alors seulement
viendrait l'heure de frapper avec l'épée sacrée, qui fend l'obscurité comme un éclair. Aussi chaque homme avait-il le devoir
de former une idée plus nette et plus forte que jamais du lien qui l'unissait à tous les autres, et de travailler à rassembler
un nouveau trésor de légitimité. N'est-il pas nécessaire déjà de s'imposer une
discipline particulière si l'on veut fournir l'effort des athlètes si bref soit-il ? Or, il s'agissait ici de la vie la plus
haute, de la liberté et de la dignité mêmes de l'homme. Braquemart, à vrai dire, qui entendait rendre au Vieux la monnaie
de sa pièce, tenait de tels plans pour pures balivernes. Il avait perdu le respect de soi-même et c'est là le commencement
de tout malheur parmi les hommes." L'autre figure du monde de la Marina est le prince
de Sanmyra, symbole d'une noblesse désormais épuisée. Les signes d'une grandeur
traditionnelle innée, la noblesse d'âme et la propension au sacrifice audacieux et héroïque s'unissent en lui à la décadence
qui est celle de ce qui vit uniquement comme un héritage du passé, comme un écho, comme quelque chose qui est moins à nous
qu'aux morts. C'est pourquoi l'union de ces deux figures est comme celle d'une tradition crépusculaire à une théorie artificielle
de la puissance, qui est plus de nature à étendre le désert qu'à renforcer la première. C'est pourquoi ils tentent tout seuls
un coup de force désespéré contre le Grand Forestier; mais ils y laissent la vie et ne peuvent pas arrêter la catastrophe.
L'intervention de Belovar, qui représente ce
qui reste des forces de la civilisation patriarcale, ne peut pas l'arrêter non plus. Le travail de désagrégation souterraine
est désormais trop avancé, les "bandes de vers à feu" mis sur pied par le Forestier sont désormais trop nombreuses et trop
fortes. Les forces déchaînées du monde de la forêt et des marais ne peuvent plus être contenues. Belovar tombe dans la bataille
de la dernière chance, après laquelle le feu, le fer, la mort et la destruction s'abattent sur le monde de la Marina et des
falaises de marbre. Le Père Lampros, gardien du Mystère, de la tradition sacrée et de la contemplation, disparaît dans les
décombres de son cloître en flammes. Son dernier geste est de bénir la tête tranchée du prince de Sanmyra qui s'est sacrifié
dans l'ultime tentative et en est comme transfiguré par une lumière supérieure. L'Ermitage, le refuge du savant et du sage,
symbole d'une discipline humaniste et d'une contemplation pour ainsi dire goethienne de la nature, brûle aussi. Du monde de
la Marina, désormais en flammes, seuls quelques-uns parviennent à s'enfuir, sur un navire, emportant avec eux, comme une relique,
cette tête coupée qui, beaucoup plus tard, enchâssée dans la première pierre, servira de fondation à une nouvelle cathédrale.
Mais le triomphe des forces déchaînées du Forestier marque la fin de ce cycle, de ce monde lié aux falaises de marbre. Le
seul espoir dans cette tragédie est que l'expérience du feu destructeur soit, pour l'individu, un principe de renaissance,
le seuil d'un monde incorruptible. Dans le monde idéal qui est celui du nouveau livre symbolique de Jünger, il se produit donc pour ainsi dire un retour
à des valeurs qui, dans "Der Arbeiter", n'étaient sûrement pas au premier plan. Bien des d'éléments font penser qu'il s'agit
ici d'une sorte de bilan négatif du monde "élémentaire", et partant, dans une large mesure, de celui du "travailleur". Les
forces déchaînées qui détruisent les villes de la Marina, après avoir brisé les restes héroïques, mais néanmoins exsangues,
de la civilisation du deuxième état, ainsi que les représentants artificiels et nihilistes de la pure volonté de puissance,
et enfin, dans Belovar, les rares énergies encore pures et liées à la terre - ces forces du Grand Forestier ne sont pas sans
rappeler le monde de la "mobilisation totale" (6), le monde du quatrième état et du "tellurisme" révolutionnaire poussé à
son paroxysme et qui révèle finalement sa véritable nature. Avec l'avènement de ces forces sur les terres de la Marina, ce
n'est pas le monde de la bourgeoisie, de l'individualisme ou du tiers état qui s'écroule, mais celui de la qualité, de la
personnalité, de l'ascèse, de la tradition mystérique et sacrée, de la "culture" au sens supérieur. Jünger, ancien partisan
de la guerre totale, qui était pour lui un critère de référence, reconnaît maintenant que "le courage guerrier n'est pas la
valeur suprême", et qu'on s'achemine inévitablement vers le monde de la "forêt" et du Forestier, si, avec la force, on n'a
pas un principe supérieur, une légitimation, pour ainsi dire, d'en haut, comme celle qui est symbolisée par la figure de l'ascète
emporté dans l'effondrement de l'oratoire en flammes après avoir donné son ultime bénédiction. En dehors de ses aspects apocalyptiques, le nouveau
livre de Jünger a donc un contenu profond. Il est empreint d'une lucidité certainement plus grande que celle de la période de
"Der Arbeiter", et qui convient à la gravité de la situation actuelle. Le phénomène
de l'irruption de l"'élémentaire", comme nous l'avons dit, est réel, non moins que le processus de formation d'un nouveau
type, réaliste, héroïque, impersonnel, capable d'une maîtrise et d'une action absolues, tendu vers une conception totale de
la vie. Même si le monde de ce nouveau type ne correspond pas exactement à celui du Grand Forestier, même s'il a laissé l'époque
des destructions et de l'anarchie, et que, dans son avènement, ce n'est pas seulement le quatrième état qu'on célèbre dans
ses différentes formes, l'horizon ne s'éclaircit pas pour autant, on ne pourra pas empêcher un terrible destin de se réaliser
tant que ce monde n'aura pas pour contrepartie la tradition spirituelle au sens éminent, un Ordre, non pas selon la première
conception, activiste et guerrière, de Jünger, mais par rapport aux valeurs transcendantes, aux ramifications secrètes de
quelque chose "qui n'est pas de ce monde" et qui s'est peut-être conservé jusqu'à aujourd'hui. Le visage de l'époque qui vient
dépendra assurément de la mesure dans laquelle, malgré tout, cette possibilité se réalisera. Julius EVOLA (1) "Le Travailleur", Christian Bourgeois Editeur, 1989; "Sur les falaises de marbre", L'Imaginaire
Gallimard, 1990. (2) Filippo Burzio (1891-1948) a été professeur de balistique à l'académie militaire et à l'école
polytechnique de Turin. Outre des travaux de balistique, il a publié des ouvrages de caractère philosophico-religieux, dont
"Il Demiurgo e la crisi occidentale" (Bompiani, 1943), qui traite des relations de l'individu avec la société. Comme le "démiurge"
de Burzio doit éviter tout conflit violent avec la société et faire triompher ses idées par la dialectique, les tractations,
les compromis diplomatiques et machiavéliques, nous ne voyons pas très bien en
quel honneur Evola y fait référence. Burzio a publié un compte-rendu de "Révolte contre
le monde moderne" dans le Corriere Padano du 28 septembre 1935. Après la chute
du fascisme, il est devenu directeur du quotidien La Stampa. (3) A cette conception quelque peu "romantique" et intellectualisante de la figure du "soldat
inconnu" inventée de toutes pièces par les grands techno-eunuques de la gynéco-democratie, il convient d'opposer les pertinentes
remarques faites à cet égard par de Léon de Poncins dans "La Guerre occulte": "Par suite du lent travail des termites sociaux,
on ne reconnaissait plus que la propriété anonyme sur le terrain économique et l'autorité anonyme dans le domaine politique.
On ne concevait plus l'héroïsme et le mérite que sous le voile de l'anonymat et de l'impersonnalisme démocratique. Les futures
tombes des "Soldats Inconnus", qu'on devait exalter au-dessus, non seulement de grands chefs qui ont gagné la guerre, mais
des héros plus modestes souvent issus de la plèbe, dont les noms et les lieux de sépulture sont connus, devaient être la preuve
palpable de cette transmutation de la mentalité humaine par l'action des valeurs judaïques patiemment et inlassablement inculquées. Selon le calcul des probabilités, il y a beaucoup
de chances pour que le "Soldat Inconnu", français, anglais, italien, polonais ait été un homme du peuple. Il y en a même assez
pour que la chose soit tacitement sous-entendue et que le culte nouveau ait ce caractère aux regards des masses. On s'en fera
donc, fort ingénieusement une sorte de champion anonyme dont l'impersonnelle popularité contre-balancera en quelque sorte
le prestige personnel des chefs ou héros "connus" qui ont le grand tort de constituer, à la face du monde, un témoignage flagrant
d'égalitarisme donnant, par cela même, un démenti formel à la théorie démocratique qui veut que l'homme ne soit qu'une fonction
appartenant à la cité." Ajoutons à ceci que l'"impersonnalisme" n'est
pas incompatible avec l'impersonnalité sous un certain rapport: si des relations fortement personnelles doivent assurément
exister entre les chefs et leurs subordonnés, en revanche, entre chefs, c'est-à-dire entre pairs, une certaine impersonnalité
doit forcément prévaloir dans leurs rapports avec les forces supra-individuelles qu'ils incarnent. (4) En fait, il apparaît que Jünger a été précédé dans ce sens par le général italien Giulio
Douhet qui, dans "Il Comando dell'aria" (1921), a théorisé pour la première fois l'utilisation stratégique du bombardier.
"La distinction entre belligérants et non belligérants, écrit Douhet, n'est plus admissible de nos jours, ni en pratique ni
en théorie. Elle ne l'est plus en théorie, parce que, quand des nations sont en guerre, chacun doit prendre part au conflit:
le soldat avec son fusil; la femme, en fabriquant des munitions dans une usine; le paysan, en cultivant sa terre; le scientifique,
en faisant des expériences dans son laboratoire. Elle ne l'est plus en pratique, parce que, de nos jours, l'offensive peut
atteindre n'importe qui". Cependant, comme le fait remarquer John Kleeves dans "Sacrifici umani - Stati Uniti: I signori della
guerra" ("Sacrifices humains - Etats-Unis: les seigneurs de la guerre"), aucun pays occidental, ni l'Italie, ni la France,
ni l'Allemagne, ni même la Russie, n'a accepté cette théorie, à l'exception des Etats-Unis d'Amérique et de la Grande-Bretagne.
Celle-ci, comme le suggère l'amiral Sir Gerald Dickens dans "Bombing and Strategy - The Fallacy of Total War" (Sampson Low,
Marston & Co, Ltd, Londres, 1946), n'aurait pas hésité à utiliser la stratégie du bombardement aérien dès la première
guerre mondiale, si celle-ci s'était prolongée. Dans "A History of Strategic Bombing", Lee Kenneth déclare que, "de tous les
belligérants de la seconde guerre mondiale, seuls la Grande-Bretagne et les Etats-Unis avaient misé sur l'offensive aérienne
stratégique [l'area bombing, le bombardement aérien des populations civiles] avant
le début du conflit". (5) Cf. "Phénoménologie de la subversion" (L'Homme Libre, Paris, 2003): "Le quatrième état?"
et ""Mythe" du quatrième état" (qu'est-ce que le marxisme?)". (6) Cf. "Die totale Mobilmachung", Berlin, 1930 ("La Mobilisation totale", traduit par Marc
B. de Launay, Recherches, n°32/33, septembre 1978) Copyright
© 2005 Thompkins & Cariou |
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